Christophe Fuscien, responsable pédagogique de la licence packaging

12 Oct 2016

Christophe FUSCIEN est responsable pédagogique de la licence packaging à l’IUT d’Évreux. Il répond à nos questions sur l’innovation dans son domaine d’expertise.

Marianne Rolot : Je vous ai connu il y a quelques années, vous encadriez un groupe d’élèves qui participait à un concours proposé par la Cosmetic Valley sur la réalisation de packagings.

Pouvez-vous nous rappeler à quelle formation cela correspondait ?

Christophe Fuscien : Les étudiants de licence professionnelle « Adaptation des Emballages et Design Industriel » participent à ce concours. Cette formation, comme son nom l’indique, s’articule autour de la compatibilité entre les machines de conditionnement et la conception des articles d’emballage. Elle permet à de futurs techniciens supérieurs en emballage d’intervenir sur tout champ métier (de l’alimentaire à l’aéronautique) sur des problématiques larges (conception, logistique, “machinabilité”, validation/contrôle,…)

M.R.: Aujourd’hui on peut préparer une Licence Professionnelle Adaptation des Emballages et Design Industriel. Le cursus a-t-il évolué ?

C.F.: Les licences professionnelles s’inscrivent dans des plans quinquennaux favorisant des évolutions en fonction des besoins de l’industrie. Des représentants des entreprises participent à notre conseil de perfectionnement et nous aident chaque année à faire évoluer la formation. Le prochain plan (rentrée 2017) verra la licence évoluer un approfondissement dans les matières techniques et de science des matériaux.

M.R.: En quoi le design industriel est-il différent des autres formes de design ?

C.F.: On entend parler de design partout. A mon sens, le mot « design » est galvaudé par tous. Il signifie bien souvent aujourd’hui « forme » alors que linguistiquement il signifie « conception ». Ajouter le terme industriel ne permet simplement que de rappeler qu’il s’agit de concevoir une solution technique à un problème technique.

M.R.: L’ingéniosité, l’utilisation des outils et la polyvalence semblent un mix nécessaire pour se distinguer dans cette branche. Que demandent les employeurs aux élèves qui sortent de l’école ? Le cursus doit il être complété ?

C.F.: A l’instar des champs métiers, les tâches demandées aux techniciens packaging sont très vastes.On identifie deux tendances : celle des utilisateurs d’emballages et les grands groupes où il est nécessaire d’avoir une grande réactivité.

Celle des fabricants d’emballages et des petites structures ou la polyvalence prime avant tout (compétences techniques et commerciales).

Dans les deux cas, la curiosité, la créativité et l’ingéniosité sont des qualités recherchées.

M.R.: Quelles adaptations sont demandées aux élève et aux écoles pour être au goût du jour ? Quelles sont les grandes tendances actuelles dans ce domaine ?

C.F.: Il est principalement demandé aux étudiants d’être mobiles et d’avoir une bonne connaissance de l’anglais. La forte concurrence et la « vitesse » de nos sociétés font qu’il est demandé aussi qu’ils soient immédiatement opérationnels avec une expérience professionnelle … paradoxe, puisqu’ils sont sensés être en apprentissage.

Leur polyvalence et leur adaptabilité est appréciée des professionnels

M.R.: Quelle différence faites-vous entre packaging et emballage ?

C.F.: Aucune. Pour permettre une formation et une possibilité d’insertion professionnelle la plus large possible. Distinction est parfois faite entre l’emballage et le marketing, notre vision du packaging intègre tout, même si dans la formation le marketing est un aspect parmi d’autres (logistique, coût, production,…)

M.R.: Quel est l’impact du développement durable sur votre discipline ? Est il souhaitable, suffisant, limitant ?

C.F.: Le développement durable est un élément important en packaging. L’emballage souffre toujours d’une image péjorative puisqu’associé à un déchet. Pour autant, l’emballage n’est pas la source principale des problématiques environnementales. Cependant les industriels de l’emballage ont compris que l’eco-conception permettait souvent d’être source d’économie (réduction des emballages à la source) et d’innover (nouveaux procédés de réalisation, nouveaux matériaux).

M.R.: Vers quelles évolutions nous dirigeons-nous ? La prospection est-elle suffisamment avancée dans votre domaine ?

C.F.: L’emballage est le premier vecteur du marketing, les évolutions en emballage suivront celles du marketing et des préoccupations de nos sociétés. La tendance actuelle gravite autour du développement durable, de l’emballage intelligent, ou du « tout connecté ». Même si la licence intègre des codifications type « QR code », ce n’est pas pour autant que nous allons former les étudiants à l’électronique ou la téléphonie.

M.R.: Quelle est l’étendue de vos fonctions actuelles ? Quelle expertise portez-vous ? Pédagogique ? Technologique ? Et quelles sont vos ambitions ?

C.F.: Je suis le responsable pédagogique de la licence packaging, j’y enseigne la conception des emballages (CAO).

M.R.: Comment les écoles supérieures comme la vôtre s’inscrivent-elles désormais dans les courants de l’innovation et de l’open innovation ?

C.F.: Au-delà des laboratoires de recherche (l’université de Rouen en possède en matériaux et en marketing notamment), la formation se tourne vers l’industrie via des concours, des « workshop » et un « fablab ». Il nous arrive ainsi de faire du prototypage rapide.

M.R.: Quels efforts d’information et de formation cela demande-t-il aux équipes de se mettre à jour ? Tout ne va-t-il pas trop vite ?

C.F.: Les visites de stages, l’intégration de professionnels du secteur de l’emballage dans l’équipe pédagogique et d’une façon générale les échanges avec la profession (salon, congrès, ….) nous permettent d’enrichir nos enseignements chaque année et de coller au mieux aux réalités du terrain.

Nous proposons aux étudiants de travailler sur des projets proposés par des entreprises.

M.R.: Que pouvez-vous nous dire de Normandy Packaging ?

C.F.: Normandy packaging était une jolie initiative. Elle a souffert de l’éventail des champs métiers et de la multitude de besoins de chaque industriel. Peut-être que l’identification d’une problématique autour d’un petit noyau de partenaires (notamment des donneurs d’ordres) lui aurait permis de grandir suffisamment pour s’élargir ensuite à tout champ métier (ce n’est qu’un avis personnel).

M.R.: Le groupement d’entreprises Normandie Aerospace (NAE) pour faire face à de gros besoins en personnel qualifié dans les métiers de l’industrie a créé cinq formations sur-mesure, du bac pro au master qui sont de vrais tremplins vers l’emploi. Votre nom figure dans l’une d’elle. Que pouvez-vous nous dire de cette initiative ?

C.F.: J’ai été responsable pédagogique de la licence de METROLOGIE pendant 10 ans, c’est en ce sens que mon nom est associé à NAE. Cette seconde formation répond à un besoin fort de l’industrie de qualifier ses instruments de mesure.

M.R.: Quels sont vos emballages préférés ? Quelles initiatives estudiantines vous ont le plus “emballé” ? Quel est l’industriel avec lequel vous travaillez le plus ?

C.F.: Tous les emballages sont intéressants qu’ils soient en carton ou en PLA, qu’ils soient logistiques ou de luxe ; je n’en ai pas de préféré. Un emballage pour fleur découpable et devenant un vase ainsi qu’un emballage pour crème dépilatoire en forme de coupe de glace sont des initiatives étudiantes qui ont retenues mon attention.

M.R.: Un souhait pour les dix ans qui viennent ?

C.F.: Que les formations PACKAGING D’EVREUX restent des formations de référence. Il y aura toujours des besoins en emballages dans 10 ans, donc des besoins en personnels qualifiés. A nous de continuer d’être à l’écoute de la profession et d’adapter nos formations à l’évolution des besoins …

En 15 ans, nous sommes devenus un acteur important de la formation initiale en PACKAGING. Nous avons également beaucoup de choses à apporter aux techniciens déjà en poste. La Formation Tout au Long de la Vie sera certainement un de nos gros chantier dans les années à venir.

Questions de Marianne Rolot

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