De l’Auvergne à la Normandie en passant par… l’Ecosse

3 Juin 2015

Arnaud Cadart, créateur de ALBA

ALBA, English for Business est la société créée en septembre 2012 par Arnaud Cadart, qui a décidé de se mettre à son compte pour enseigner l’anglais. Depuis, sa petite SARL, implantée à Vatteville, a grandi. Et il a pu salarier sa femme, qui apporte un « scottish accent » aux leçons…

François Charmot : Pourquoi avoir choisi la Normandie pour exercer votre activité ?

Arnaud Cadart : Nous sommes arrivés dans la région il y a huit ans. C’est une région qui nous plaît, alors que nous vivions auparavant en région parisienne. J’aurais pu exercer mon activité dans n’importe quelle région. Il y a un besoin croissant pour les entreprises et leurs salariés de parler anglais.

F.C : En ce domaine, quelles sont les attentes des entreprises ?

A.C : La demande principale est de savoir communiquer en anglais. Bien souvent, les salariés ont le vocabulaire technique, mais ont du mal à l’utiliser, à le mettre en forme. C’est un problème de communication. Le plan d’action débute par une phase de test (oral et écrit). A partir de l’évaluation des besoins, on monte un projet de formation avec le stagiaire, le manager, le service Relations Humaines. Dans 95 % des cas, les stagiaires sont ultra-motivés. Dans de nombreux métiers, le sourcing (recherche de fournisseurs ou de candidats) c’est de plus en plus des livres en anglais, il faut savoir rédiger un mail en anglais, connaître l’anglais des réunions et des télé-conférences, connaître celui des négociations, maîtriser l’anglais général pour pouvoir se présenter… L’anglais est un outil. Il doit permettre de travailler dans une langue étrangère en étant efficace.

F.C : Depuis sa création en 2012, votre société monte en puissance ?

A.C : Créée sous forme de SARL, ALBA a connu une très forte croissance sur 2013-2014. J’ai pu salarier mon épouse Julia (NDLR: Qui, de par ses origines d’Edimbourg apporte son scottish accent à la formation !), et nous avons, à ce jour, formé environ 300 personnes, dont 200 cadres et une centaine de techniciens. Depuis le 1er janvier, il y a un problème de référencement. La formation doit déboucher sur le passage d’un TOEIC qui effraie bon nombre de stagiaires, qui n’aiment pas être évalués. Cette formation requiert une préparation spécifique de 60 h/an . Aujourd’hui, avec 20 à  30 h/an, on ne peut pas se préparer au TOEIC. Ou alors c’est au détriment de l’anglais professionnel.

F.C : Et les particuliers ?

A.C : Nous ne pouvons pas intervenir auprès des particuliers, hormis ceux qui sont orientés vers nous par Pôle-Emploi, pour des problèmes liés à la perception de la TVA. Mais j’anime aussi des cours dans un cadre associatif, avec « Eclair », implantée à Romilly-sur-Andelle.

F.C : Votre secteur d’activité est-il très concurrentiel ?

A.C : C’est un secteur en forte concurrence. Il faut être compétitif au niveau des prestations, des tarifs. Etre réactif afin d’offrir une solution et un objectif précis. Une formation « à la carte », du sur-mesure.

F.C : Pensez-vous que le Français n’est pas doué pour les langues, comme on l’entend souvent dire ?

A.C : Le problème c’est qu’il n’ose pas se lancer. Le Français souhaite avoir un langage bien articulé, alors de peur de faire  des fautes, il ne parle pas beaucoup. Je préfère cent fois quelqu’un qui s’exprime, même avec des fautes, que celui qui ne dit rien. Et c’est celui qui parle qui fera des progrès.

F.C : Vous avez une véritable passion pour les langues. D’où vient-t-elle ?

A.C : C’est une passion qui vient de ma prime jeunesse. J’ai toujours été très intéressé par le monde extérieur. J’ai beaucoup voyagé à l’étranger, et pour moi l’anglais était un nouvel esperanto. Un outil de communication déjà. Je faisais anglais première langue, puis j’ai choisi le russe en 2nde, pour pouvoir obgtenir un bon lycée à Clermont-Ferrand. A l’université j’ai aussi appris le portugais, le bulgare et le serbo-croate…

F.C :… Et c’est à l’université que vous rencontrez votre femme ?

A.C : Oui. Julia y était assistante en anglais. Ensuite j’ai commencé ma carrière professionnelle à Londres, puis à Edimbourg. J’y ai travaillé pour Motorola, j’ai vendu des vins et des produits de bouche à des grands hôtels et des restaurants écossais. L’Ecosse est vraiment mon pays de prédilection. La culture y est complètement différente de celle de l’Angleterre. Un peu la même différence qu’entre un Français et un Suisse, des gens qui parlent pourtant la même langue. Et puis il y a une vraie accointance entre l’Ecosse et la France. Nous retournons deux fois par an à Edimbourg, dans la famille de Julia et nous en profitons pour faire un tour dans les Highlands.

F.C : Et vos trois enfants sont bilingues ?

A.C : Ils comprennent bien, mais ils ont encore quelques difficultés à s’exprimer.

Entretien réalisé par François Charmot dans sa boutique « D’un pavé à l’autre », 19 rue Tatin à Louviers.

La passion du vin et du sport d’équipe

Confortablement calé dans le fauteuil réservé à nos invités, Arnaud Cadart avoue « ne pas assez lire ». S’il espère pouvoir se replonger prochainement dans un San Antonio, il décompresse et « profite des choses toutes simples » en dévorant les séries télé en version originale. Tout dernièrement, il a particulièrement apprécié un film en langue tibétaine.

« Le dernier bon bouquin que j’ai lu : un livre sur Churchill sur fond de partage du monde à Yalta entre les Américains et les Russes. L’action se déroule sur un bateau où un Polonais qui, visiblement n’aime pas le Premier ministre anglais lui fait comprendre qu’il n’a pas fait ce qu’il fallait pour la Pologne. La réalité et la fiction sont ici mêlées », se souvient Arnaud Cadart. Qui pour n’être « pas un grand lecteur », est tout de même exigeant dans ses choix. C’est d’ailleurs avec émotion qu’il retrouve sur les étagères de la boutique La Dame de pique, de Pouchkine. « C’est ce beau livre qui m’a donné envie d’apprendre le russe. »

Il y a une lecture cependant à laquelle Arnaud s’invite quasi-quotidiennement : celle de l’Equipe. C’est que l’homme est passionné d’action et de sport. « J’aime tous les sports, mais de plus en plus les sports collectifs, pour les valeurs de solidarité qu’ils dégagent. » Natif de Clermont-Ferrand, c’est tout naturellement qu’il est devenu un inconditionnel de l’ASM. Une passion survenue sur le tard. « Mon père était ingénieur chez Michelin, mais on n’allait jamais au stade. Sa passion à lui c’était la politique. Il était engagé au côté de Giscard… »  Honnête joueur de tennis, Arnaud Cadart défend les couleurs de l’équipe des Andelys.

L’autre grande passion de notre invité est le vin. « Je suis un bon connaisseur. J’aime beaucoup de Saint-Emilion, notamment le grand cru dont j’ai visité le château à 17 ans. J’ai un autre faible pour le Pommard… »

Le profil d’un honnête homme qui consacre le reste de son temps à s’occuper de sa famille. Louis l’aîné, supporteur de Glasgow, est déjà un buteur efficace dans son club de foot de la vallée de l’Andelle, tandis que ses deux sœurs s’initient au poney.

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