Hélène BEN AIM DRIEUX Expert CCT et Créativité au CNES

10 Mai 2016

Hélène BEN AIM DRIEUX, Expert “Communauté de Compétences Techniques” et Créativité (équipe innovation et prospective du CNES)

Entrée Docteur Ingénieur en thermique au CNES à l’âge de 27 ans , Hélène BEN AIM DRIEUX a navigué entre activités opérationnelles et fonctionnelles. Son regard sur le CNES (l’agence spatiale française) où elle travaille depuis 27 ans est étonnant. Elle se confie sur les missions qui se sont enchaînées en presque trente ans, sur la nécessité de se former et d’innover au sein du CNES. Elle nous parle des enjeux du futur. Elle est aujourd’hui Expert CCT et Créativité dans l’équipe Innovation et Prospective du CNES.

Sommaire

  • Hélène BEN AIM DRIEUX, docteur-ingénieur au service du spatial
  • Le CNES force de proposition et concepteur
  • Suivi de l’installation du module Colombus sur l’ISS
  • Une moyenne d’âge ingénieurs ou employés de plus de 45 ans
  • Création des laboratoires sans murs
  • Être une femme exige une volonté supplémentaire
  • Rester à la pointe de la technologie
  • Transfert de savoir-faire et renforcement des compétences

Hélène Ben Aïm Drieux, docteur-ingénieur au service du spatial

Marianne Rolot : Pouvez-vous vous présenter ?

Hélène Ben Aïm : Je travaille depuis 27 ans au CNES, Centre National d’Etudes Spatiales. J’ai débuté comme ingénieur sur des projets d’expériences embarquées à bord des navettes américaines. De formation Ingénieur en génie des procédés industriels de l’INSA Toulouse, j’ai poursuivi mes études par un doctorat en physique à l’Institut national polytechnique de Toulouse.

M.R.: Quelles sont vos compétences?

H.B: J’ai développé plusieurs savoir-faire au cours de ma carrière. Tout d’abord une compétence opérationnelle de chef de Projet. Lors de mon entrée au CNES, je me suis occupée d’expériences sur les matériaux menées en apesanteur.

15 ans plus tard, j’ai piloté le CADMOS (Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales), centre opérationnel du CNES qui prépare, organise et assure le suivi continu des expériences menées en micropesanteur. Ces expériences étaient réalisées principalement par les astronautes à bord de la station spatiale internationale.

J’ai ensuite une compétence stratégique acquise lorsque j’ai animé l’élaboration du plan stratégique 2000-2005 du CNES. Par la suite, j’ai été détachée du CNES auprès du gouvernement pour les affaires Spatiales. J’ai participé à la construction de la compétence spatiale au sein de l’Union européenne.

Enfin, je possède une compétence d’audit et de coordination. Cette compétence permet de gérer des missions d’organisation et de pilotage au sein du CNES. C’est une des fonctions que j’exerce actuellement. Je suis aujourd’hui en charge de la coordination et du pilotage de 17 réseaux métiers appelés communément CCT pour «Communauté de Compétences Techniques».

Dernièrement, on m’a également confié la mission de faire du bench marking sur le développement de la créativité. Il s’agit de réfléchir aux conditions qui permettent de développer et d’entretenir la créativité au sein de l’entreprise.

Le CNES, force de proposition et concepteur de moyens spatiaux

M.R.: A quoi sert le CNES?

H.B.: En tant qu’Agence d’Etat, le CNES propose aux pouvoirs publics la politique spatiale de la France et la met en oeuvre. Il défend également les intérêts de la France dans ce secteur auprès de l’Agence spatiale européenne et au sein de l’Union européenne. Le CNES, ce sont aussi des Centres techniques qui sont à l’origine de la conception des lanceurs et des satellites que vous connaissez aujourd’hui.

Nous défrichons toutes les technologies et utilisations du spatial en amont de l’industrie et en amont de la mise en place des services.

Le CNES c’est aussi le Centre Spatial Guyanais, port spatial de l’Europe en Guyane depuis lequel sont effectués les lancements de la gamme des lanceurs européens.

« Les ingénieurs du CNES sont des concepteurs innovants. On arrive à une étape clef où ce que l’on a conçu puis amélioré est devenu opérationnel et est transféré petit à petit à l’industrie. Il nous faut encore et toujours aller vers des concepts nouveaux ou des utilisations nouvelles et rechercher les ruptures technologiques. »

M.R.: Diriez-vous que le CNES est un centre de recherche ?

H.B.: Le CNES est positionné sur la Recherche et le Développement et non sur la recherche académique. Nous sommes un lien entre la recherche et l’industrie. Il n’y a d’ailleurs pas de « chercheurs » au CNES.

M.R.: Peut-on savoir quels sont les atouts d’une structure telle que le CNES

H.B.: Côté professionnel, le CNES est un extraordinaire moteur d’évolution et d’opportunités. En 27 ans, j’ai occupé 7 postes avec des métiers différents. Chacun de ces métiers m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences, et ces évolutions de carrière se sont faites dans une dynamique positive, et avec une cohérence dans le parcours.

J’ai été formée en conséquence. Le CNES m’a offert des possibilités de mobilité géographique. J’ai ainsi pu travailler sur 3 des centres du CNES, à Paris, à Toulouse et en Guyane. J’ai rencontré lors de mes différentes missions des partenaires professionnels européens, américains, russes et chinois et j’ai pu découvrir un peu de leurs cultures et de leur pays.

Un personnel aguerri et expert

M.R.: Quelles sont les exigences de votre métier ?

H.B.: Au CNES, on a des contraintes opérationnelles très strictes car les projets sont risqués et ont des coûts élevés. Mais on dispose en conséquence de moyens nécessaires et de capacités de flexibilité dans la manière de travailler. De plus, notre cœur de métier est très rôdé.

On a énormément de procédures qui nous aident à faire notre travail. Et surtout, on a une énorme expérience. Au CNES, nous disposons d’un volant d’experts seniors dont le background est très utile.

MR.: Finalement?

H. B.: Travailler au CNES, c’est passionnant! Et on ne voit pas le temps passer. On a l’avantage d’avoir un esprit à la fois industriel par la méthode et la qualité de livraison des prestations et un esprit de recherche pour ce qui est de la façon de travailler et d’innover. Notre culture est très collaborative.

Nous avons effectué le suivi de l’installation du module européen Colombus sur la station spatiale internationale.

M.R.: Vous avez été chef de projet au CADMOS, le centre de contrôle français en liaison avec la station spatiale internationale, quel souvenir en avez-vous gardé ?

H.B.: On est là pour préparer des expériences réalisées par les astronautes et suivre leur réalisation en temps réel dans l’Espace. En soi, ce n’est pas un travail comme les autres.

Dans notre salle de contrôle on a parfois l’impression d’être au cinéma. Un moment fort a été le raccordement en 2008 du module européen Colombus à la station spatiale internationale avec l’astronaute français Léopold Eyharts. Une fois le module raccordé, c’est Léopold Eyharts qui y est entré en premier. Il l’a mis en fonctionnement et activé les servitudes, exactement comme on installe l’eau, le gaz et l’électricité dans un appartement.

La famille de Léopold a pu suivre avec nous, depuis le CNES, le déroulé des opérations. Pour nous remercier, ils ont entamé en cœur un chant basque. Ça a été un moment fort en émotion pour toute l’équipe.

M.R.: Ensuite, vous avez été auditrice interne, ça a dû vous changer.

H.B: Exact, J’ai alors découvert le centre spatial guyanais. Pendant 4 mois, j’ai conduit un audit sur les relations entre Arianespace, qui est l’opérateur des lanceurs européens, et le CNES, qui gère les moyens techniques et coordonne les opérations.

M.R.: Et pour finir, on vous a associé à la définition de la stratégie du CNES.

H.B.: Oui, une autre étape importante dans ma carrière. Après le pilotage du plan Stratégique 2000-2005, mon détachement du CNES au Ministère de la Recherche était concomitant avec l’écriture du livre vert sur la Politique Spatiale Européenne de l’Union européenne.

Ceci m’a donné l’occasion de rencontrer certains des nouveaux pays entrants dans l’Europe lors du traité d’Athènes de 2003 ((Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie, Chypre, Malte), et qui à cette époque étaient plein d’attente pour participer avec nous à cette aventure.

M.R.: Avec quelles formations professionnelles et continues parvient-on à votre niveau ?

H.B.: Mon parcours a été accompagné d’un ensemble de formations. Quand j’étais chef de projet, j’ai suivi le parcours de formation interne qui est assez dense. Il comporte plus d’une dizaine de modules: gestion des coûts, pilotage d’équipe, gestion des délais, relation avec l’international, qualité, etc.

Pour exercer la fonction d’audit, j’ai bénéficié d’une formation diplômante de l’IFACI, Institut français de l’audit et du contrôle interne, à Paris.

Ma compétence stratégique a été renforcée par une formation d’un an au sein de l’école des Hautes études de l’Armement, le CHEAr.

Le CNES propose une large gamme de formations auxquelles on peut s’inscrire en tant que de besoin, avec un accompagnement RH. J’ai ainsi pu me former à l’anglais, la gestion du stress, la communication orale, les négociations, les technologies des systèmes orbitaux…

Etre une femme, un début surprenant

M.R.: Être une femme a-t-il été un plus ou un moins pour vous ?

H.B.: Ca n’a pas toujours été facile. Je débarquais dans un département de mécaniciens. Tout ce que je disais ou que j’écrivais était vérifié deux fois plus que si j’étais un homme. A cette époque, on n’était pas nombreuses dans la technique et on n’avait pas le droit à l’erreur. Chaque fois qu’un visiteur passait dans mon couloir, si je laissais la porte ouverte, il s’arrêtait et me prenait pour la secrétaire. Il est même arrivé que l’on me demande : « Ou est le bureau de Monsieur Ben Aim ? » Je répondais « C’est moi et je suis Madame Ben Aïm ».

Maintenant, on est environ 30% de femmes dans les métiers techniques au CNES et les choses ont positivement évolué. Il reste encore un décalage historique au niveau des postes à haute responsabilité qui reste à résorber.

Cependant, depuis le dernier Conseil d’administration, celui-ci  dispose de la parité.

M.R.: Vous vous investissez sur la plan syndical peut-on savoir pourquoi ?

H.B.: J’ai toujours été militante dans ma vie personnelle pour des actions au niveau humanitaire ou social. Au niveau professionnel, quand j’ai quitté mes fonctions stratégiques pour retourner à l’opérationnel, j’ai trouvé naturel et intéressant de m’impliquer dans la mise en œuvre concrète de la stratégie d’entreprise. Le syndicat est une porte ouverte à tous les documents et décisions qui concernent l’établissement. C’est un droit de parler pour être force de proposition et avoir la possibilité d’apporter sa pierre à l’édifice. J’ai été élue au Comité d’entreprise (CE) et au Comité central d’entreprise (CCE). J’ai été présidente de la commission économique du CE et membre de celle du CCE. A ce titre, j’étudiais tous les projets de réorganisation, les dossiers des nouveaux projets, les évolutions stratégiques de l’établissement, les dotations financières. La consultation des salariés est un outil qui nous permet ensuite d’intervenir sur la mise en œuvre proposée par la direction. C’est passionnant.

Le CNES vient de créer la direction de l’innovation, des applications et de la science

M.R.: On imagine sans difficulté l’intérêt du CNES pour les innovations ? Jusqu’où cet organisme peut aller ? Quelles sont ses limites ?

H.B.: Par essence, le CNES est une structure d’innovation. Les ingénieurs précurseurs du CNES sont partis de presque rien pour réaliser les lanceurs et satellites désormais opérationnels et pour envoyer des sondes planétaires. Les ingénieurs du CNES sont des concepteurs innovants.

Aujourd’hui, les domaines matures sont transférés à l’industrie (filières Ariane, SPOT…). Nous continuons à les accompagner sur les évolutions innovantes.

Nous sommes en phase de transition et nous devons repartir sur des idées novatrices. Nous devons également participer au développement des applications sur la base de systèmes existants et de ceux à venir. Et continuer par notre technologie, à accompagner les programmes scientifiques ambitieux comme on l’a fait avec Philae.

L’innovation est au centre du contrat d’objectifs et de performance(s) entre l’Etat et le CNES pour 2016 -2020. Il s’appelle « Innovation & Inspiration » Dans ce sens, le CNES vient de créer la Direction de l’innovation, des applications et de la science pour répondre à ces enjeux.

Les missions de la DIA

Les missions principales de la DIA sont de collecter, instruire et porter les intérêts, besoins et enjeux de tous les utilisateurs potentiels de missions et de données spatiales, de préparer et proposer le futur des systèmes orbitaux et leurs applications dans un souci de créativité et de porter les initiatives d’innovation et de prospective au sein du CNES dans les domaines de la technologie, des systèmes et des usages.

Au sein de la DIA, l’équipe IP (Innovation et Prospective) à laquelle j’appartiens est en charge d’animer les réflexions permettant de renforcer les capacités de créativité et d’innovation du CNES dans un monde en évolution. D’autre part, elle pilote les activités permettant d’anticiper les évolutions possibles du monde spatial et de proposer en conséquence un positionnement du CNES de façon réactive.

M.R.: Que doit-on au CNES ?

H.B.: Vaste question, tellement de projets sont sortis du CNES … Les filières les plus connues sont nos lanceurs Ariane, les satellites Spot pour l’observation de la terre et Jason pour l’océanographie opérationnelle, nos sondes d’exploration (Corot, Rosetta, Philae). Le CNES participe en continu à une centaine de projets qu’il conduit dans un cadre national, européen avec l’ESA et l’UE ou à l’international.

Je vous conseille de visiter le site cnes.fr qui décrit toute l’activité du CNES.

M.R.: Sans oublier son rôle stratégique…

H.B.: Notre fonctionnement permet d’avoir une politique d’investissement sur des projets qui ne sont pas encore matures et qui coûtent très cher, afin d’éviter à l’industrie la prise de risque sur ce marché de niche très concurrentiel, ou alors d’accompagner des projets qui n’ont pas de rentabilité financière comme la science fondamentale ou le militaire. Le CNES est maître d’oeuvre de satellites militaires par exemple et de nombreux instruments scientifiques. On est également sur des missions de responsabilité d’Etat dites régaliennes ou nous avons une fonction de contrôle. Par exemple la certification des satellites que nous lançons et la vérification qu’en fin de vie leur retour sur Terre soit parfaitement maîtrisé.

« En 1998, le CNES a créé des laboratoires sans murs appelés aujourd’hui les communautés de compétences Techniques (CCT) et qui permettent les rencontres des 3 mondes, spatial, recherche et industrie. Les CCT sont structurées en 17 communautés métiers comme la navigation, les matériaux, l’environnement spatial, l’optique… »

M.R.: Comment gère-t-on une communauté d’experts ?

H.R.: Les communautés de compétences techniques que je pilote sont des rencontres d’experts de haut niveau, entre les acteurs du spatial, ceux de la science et ceux de l’industrie du domaine métier concerné . Les objectifs des CCT sont :

  • d’alimenter de manière continue l’expertise de chacun et contribuer à l’innovation en partageant les connaissances mutuelles pour accroître les compétences techniques ou méthodologiques individuelles et collectives
  • de valoriser l’expérience
    • Diffuser les savoir-faire
    • Tirer les leçons des retours d’expériences
  • de favoriser les échanges entre le secteur spatial et les autres secteurs d’activités et notamment développer la coopération entre les membres et encourager les partenariats

Les CCT et ses partenaires proposent de 60 à 80 évènements par an réunissant jusqu’à 3000 experts. Ces échanges suscitent des idées innovantes, alimentent le vivier des thèses ou R&T (recherche et technologie) et contribuent à la politique technique du CNES et à ses roadmaps (feuilles de route).

« Mon rôle n’est pas que de gérer une équipe d’experts techniques du CNES, mais de leur permettre de s’ouvrir aux experts du monde académique que sont les chercheurs, et aux experts du monde industriel pour enrichir mutuellement les connaissances et se projeter dans l’avenir. »

M.R.: Et ça marche ?

H.B.: Les communautés de compétences techniques, c’est un concept qui a bientôt 20 ans et qui marche vraiment bien. Il nous est envié car plus de 600 ingénieurs du CNES sont impliqués dans ces événements formateurs pour un coût de moins de 200 K€ euros par an.

M.R.: Qu’avez-vous mis en place ?

H.B.: Quand je suis arrivée à cette fonction, le système était déjà bien rôdé. L’enjeu était de continuer à faire fonctionner ce formidable outil d’open innovation (lien diagramme) et de l’ouvrir en dehors de Midi Pyrénées qui est son berceau d’origine.

Ma fonction se délocalise à Paris pour permettre cette ouverture et élargir les réseaux.

Ce que j’essaie d’apporter également en complément, c’est la formation des animateurs aux méthodes de créativité pour qu’ils soient mieux sensibilisés à capter les idées nouvelles et les promouvoir au sein du CNES. Nous avons encouragé une certaine liberté d’expression et d’initiatives qui fonctionnent sur la base du volontariat. Un animateur consacre 15 % de son temps environ à cette activité : il gère un bureau, des AG (assemblée générale) et une programmation avec ses membres et il rend compte de ses activités annuellement aux directeurs et sous directeurs du CNES.

C’est très enrichissant à tous les niveaux.

M.R.: Quels ont été les résultats ?

H.B.: Les retombées sont importantes mais difficiles à mesurer. Comment savoir quelle part d’actions R&T, de sujets de thèses, de partenariats conduits au CNES a germé lors de séminaires CCT ? Ces lieux de partage entre experts sont forcément catalyseurs d’idées.

C’est aussi un formidable outil de formation pour nos experts juniors qui acceptent le rôle d’animateurs. Souvent accompagnés d’un expert senior, ils constituent leur réseau professionnel, appréhendent leur thématique de manière approfondie mais également transverse avec les autres CCT.

Pour nos partenaires, c’est souvent un point d’entrée pour des coopérations et une mise en visibilité de leur savoir-faire et nouveaux produits.

Le spatial et ses technologies s’immiscent dans notre quotidien au travers de nombreuses applications. Les acteurs concernés sont de plus en plus nombreux. On peut citer, pour les services qui existent déjà, la télémédecine, la gestion agricole, la gestion de la pêche, le support à la gestion des catastrophes…

« L’enjeu sera de rester à la pointe de la technologie »

M.R.: Qu’est-ce qu’un établissement comme le CNES peut attendre de l’avenir ?

H.B.: Le CNES est une agence nationale dotée de centres techniques. Elle peut tout attendre de l’avenir puisqu’elle a pour rôle de préparer celui du secteur spatial. Et comme je l’ai dit précédemment, l’Espace va être de plus en plus présent dans notre vie quotidienne. L’enjeu, sera de rester à la pointe de la technologie. Le CNES va continuer à trouver sa juste place au côté de l’Agence spatiale européenne (ESA) et au sein de l’UE qui accroît de plus en plus son rôle dans l’espace. Par exemple Galileo et Copernicus sont des projets de l’union européenne confiés en maîtrise d’ouvrage à l’ESA. Nous sommes contributeurs de ces projets, parfois initiateurs.

Nous avons également de nombreuses activités en coopération internationale, nous sommes d’ailleurs l’agence qui a le plus de coopérations internationales. On travaille avec la NASA ou avec des nations spatiales comme la Russie, Israël, la Chine, l’Inde, le Japon, le Brésil, et nous accompagnons également les pays émergents dans le domaine spatial. Le spatial se développe, ses applications se multiplient et cela promet de belles activités en perspective.

M.R.: Quels sont les principaux enjeux du futur ?

H.B.: On était présent à la COP 21. Les enjeux du futur, c’est notamment de fournir les outils pour mesurer la criticité du climat et l’impact sur l’environnement du changement climatique, sécuriser la navigation et l’atterrissage des avions, optimiser la gestion de territoire et fournir des outils de cartographie, optimiser l’agriculture et la gestion des ressources en eaux, développer les télécommunications dans les zones isolées, assurer la surveillance maritime et la gestion de la pêche…

C’est aussi aller plus loin dans notre connaissance de l’univers et des origines de la vie : étudier Mars, par exemple,. Mais surtout mieux comprendre le système terrestre pour mieux appréhender le dérèglement climatique.

Il y a enfin des enjeux pour la Défense.

M.R.: Que peuvent attendre les chercheurs, les startups, les industriels du CNES?

H.B.: La dotation du CNES repart en grande majorité dans les laboratoires de recherche partenaires et chez nos industriels. Les technologies spatiales sont complexes et nous sommes à leurs côtés pour les accompagner de notre forte expertise dans la réussite des projets.

Le spatial est un secteur d’activité qui génère de l’emploi et un fort retour sur investissement : 1 euro investi en rapporte 17.

M.R.: Un petite note personnelle, quels sont vos goûts, affinités, passions ?

H.B.: Je crois qu’on peut voir à travers mon parcours professionnel que j’aime les changements, ce qui est en mouvement, la découverte et la préparation du futur. Dans ce sens, j’aime les voyages et marcher sans destination pour faire face à l’inattendu. J’aime aussi danser et le tango argentin me touche par sa sensualité. Bien sûr je suis très attachée à ma famille avec qui j’essaie de passer un peu de mon temps libre. Si j’ai une passion elle est pour le genre humain en général envers qui j’éprouve une curiosité sans limite et des étonnements quotidiens. Je ne m’ennuie jamais à observer cette vie autour de moi.

M.R.: Votre mot de la fin ?

H.B.: Ma curiosité et mon envie d’avancer vers l’inconnu trouve naturellement sa place dans les missions de créativité et d’innovation de cette nouvelle direction du CNES.

Mots clés :

Les Communautés de Compétences Techniques

Enretien réalisé par Marianne Rolot

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