Le Blog de Marianne : avenir en colère

Rien ne permet de savoir aujourd’hui ce que l’avenir nous réserve. On peut bien entendu cultiver son esprit positif comme le clame dans sa conférence Aude Milesi « Et si vous communiquiez positivement », conférencière inscrite sur mon catalogue Acme50.

On peut aussi se dire que confronté.e.s à une situation inédite, c’est à dire jamais rencontrée auparavant, que les critères de choix qui présidaient à notre destinée, il y a un mois, ne sont plus d’actualité.

Soudain, la notion d’avenir, pour beaucoup, a perdu de son sens. Et les projets échafaudés il y a quelques mois sont devenus obsolètes. Cela nous oblige à vivre au jour le jour. Et parfois à revenir sur de grandes décisions.

Est-il raisonnable de s’obstiner à rester confiné.e ailleurs que chez soi quand on avait prévu de faire un long voyage autour du monde mais que les déplacements sont devenus impossibles ? Barbara et Stéphane qui se sont trouvés par surprise en quarantaine dans le Sud de l’Argentine, viennent d’annoncer qu’après 7 mois d’un incroyable périple dédié à l’eau, ils rentraient en France. L’ambassade leur facilite le retour. Ils termineront ce qu’ils ont à faire chez eux, et je l’imagine, heureux de se savoir à proximité de leurs proches.

On peut avoir décidé de s’installer dans une ville européenne, chaleureuse, ouverte et terriblement vivante, être propriétaire de quelques mètres carrés en plein centre-ville et tout à coup n’avoir plus pour compagnie que 4 murs du fait d’un confinement strict et sans perspective palpable. Rester ? Ne pas rester ?

En France, interrogez vos amis, connaissances, la peur s’installe et une colère sourde gronde. Les infirmier.e.s, médecins, employés qui s’exposent tremblent pour leur vie ou celle de leurs proches. Des acteurs sociaux, des comédiens, hurlent de colère pour les informations erronées distillées par le gouvernement qui a laissé au début de la pandémie les situations à risque s’installer. Les paroles maladroites prononcées qui par cette ministre, qui par cette porte parole, qualifiées de privilégiées et « si loin du terrain » ont exaspéré. Le moment viendra où les professionnels et la population demanderont des comptes.

De son côté le gouvernement s’inscrit dans une course contre la montre. Mobiliser l’appareil productif, faire fabriquer à la hâte du matériel de protection et des appareils médicaux, injecter de l’argent, prévenir, expliquer et se cogner à la courbe impressionnante du nombre de décès.

Combien de temps faudra-t-il pour une retour à la normale demandent certaines personnes affolées ?

Pour les exilés, rester, ne pas rester est donc un casse tête. Il y a aussi tous ceux qui ont fuit la ville pour s’installer momentanément à la campagne. Ou s’y retrouvent coincés.

Peut-être alors se dire que la décision du jour n’est valable que pour le jour et s’autoriser à changer son fusil d’épaule au vu des circonstances.

Le Blog de Marianne revient demain. D’ici là, prenez soin de vous et restez au chaud !