Le Blog de Marianne : coronavirus, finie l’effervescence

Nous sommes au deuxième jour du confinement. Hier encore, à la boulangerie, c’était l’effervescence. Le boulanger était dépassé. Plus il fabriquait de baguettes, plus on le lui en demandait. Les employées étaient trois derrière le comptoir, pas de masques et une queue qui s’allongeait dans la magasin. Mais déjà, la distance sociale était de mise et l’organisation des commandes et de la remise du pain, facilitées pour éviter au mieux les échanges physiques. “Demain, il faudra que j’en fasse plus !” constatait le boulanger dépassé par la razzia de baguettes.

Aujourd’hui, après les interventions du Président de la République, puis du Premier Ministre, puis celle du Ministre de l’Intérieur, après la liste des actions restrictives rendues publiques, il semble que la prise de conscience soit de mise. De retour à la boulangerie, changement visible. Une immense vitre se dresse devant le comptoir qui protège les salariés. Du fait sur mesure, bien solide, bien costaud. Merci pour elles. Nous sommes sur le temps de midi, la vitrine est remplie de gâteaux, les sandwichs et les plats préparés sont bien là, le pain trône sur les présentoirs, mais dehors, pas un chat. Les gens arrivent au compte goutte. Quelle changement !

Il semble que le confinement prenne toute sa dimension. Rue vides, voitures garées en journée devant les maisons. Le domicile s’est transformé en entreprise. Mon mari télétravaille, il s’est installé dans la salle à manger. Ma fille, étudiante, continue de réviser ses cours. Dans sa chambre. Et pas drôle pour elle, ses devoirs sont arrivés sur sa boîte email dès 8h30. Je poursuis mon activité, certes au ralenti, depuis mon bureau, déplacements en moins. Depuis deux jours, les réunions sur internet se sont accélérées. Chacun veut montrer qu’il est bien là et actif. C’est le moment de se mettre à jour et penser à l’avenir.

Si j’ai croisé dans ma rue quelques voisins que je n’avais pas vus depuis quelques jours et à propos de qui je me demandais comment ils allaient, et bien ils vont bien ! Cependant, les premières informations arrivent concernant des cas concrets de coronavirus dans l’entourage.

Les Ehpad ne sont pas épargnées, les personnes fragiles non plus. Et déjà, hélas, le nom de premières victimes connues prononcés.

A demain sur le Blog de Marianne.