Une enquête révèle les besoins des agriculteurs face aux changements climatiques

L’Association Climatologique de la Moyenne Garonne (ACMG) a présenté les résultats confiée à Julia James, chargée de mission de l’ACMG, autour des besoins des agriculteurs et décisionnaires dans le contexte de changement climatique.Cette enquête inédite avait été annoncée en septembre dernier, dans le cadre du Forum Eau Energies Territoires par Jean François Berthoumieu, directeur de l’ACMG et président du Cluster Eau et Climat.

Auteure de l’enquête, Julia James a présenté les résultats de ce travail dans une conférence intitulée « Exploitants agricoles et changement climatique : besoins et ressentis » à l’occasion des journées nationales de l’agriculture.

L’ACMG est née en 1959 pour soutenir les agriculteurs face aux aléas climatiques intenses, aujourd’hui elle continue sa mission tout en soutenant les différents acteurs des territoires dans leur adaptation au changement climatique.

Cette étude, menée dans le cadre du projet européen Triple C, a plusieurs objectifs dont le principal est de connaitre les besoins et ressentis locaux pour proposer des solutions viables face au changement climatique. L’étude permet de mettre au jour les charnières entre les acteurs pour harmoniser l’adaptation au sein des bassins versants.

Quelle adaptation est pratiquée au sein des exploitations aujourd’hui ?

Dans le contexte actuel (financier, législatif, environnemental) ?

Quel avenir pour l’exploitation selon les agriculteurs ?

Quels sont les besoins pour s’adapter ?

Les Maires sont-ils les relais des localités ?

Leur vision du changement climatique est-elle similaire aux agriculteurs et permet-elle une adaptation généralisée ?

Que manque-t-il au niveau local pour mener l’adaptation ?

Une différence de perception

294 agriculteurs et 74 décisionnaires de communes ont témoigné, répartis entre le Lot et Garonne, la Dordogne, la Gironde, le Gers, le Tarn et Garonne et le Lot.

La quasi-totalité des personnes interrogées ont conscience du changement climatique et le caractérisent par une augmentation des températures et des aléas climatiques intenses.

Cependant, tandis que les agriculteurs déclarent être majoritairement touchés par la sécheresse et le gel, les maires quant à eux déclarent que les aléas majoritaires sont les inondations et la sècheresse.

L’étude montre que les agriculteurs sont plus prompts à trouver des solutions que les élus.

Ainsi 72 d’entre eux ont déclaré avoir augmenté leurs capacités d’irrigation, 48 ont changé de culture.

Aujourd’hui l’adaptation passe par un accès à l’eau qui permet d’assurer la production (les deux tiers des agriculteurs interrogés ont au moins 30% de leur production irriguée) ou bien par une mutation voire une révolution totale des exploitations. Ce changement de culture peut avoir un impact paysager mais aussi culturel, économique pour l’ensemble du territoire.

Les besoins des agriculteurs pour s’adapter au changement climatique reposent majoritairement sur l’eau

Le besoin est ce qui va guider le déclenchement de l’adaptation par l’agriculteur. Si ce besoin n’est pas satisfait celui-ci cherchera des solutions. Or lorsque l’on demande aux agriculteurs comment ils voient leur exploitation dans 10 ans, 72 d’entre eux déclarent « je ne sais pas « , 44 imaginent une exploitation compromise, instable financièrement. 29 déclarent changer de culture. 34 imaginent leur exploitation adaptée, 16 irriguée etc.

L’ACMG recherche les pratiques bénéfiques en matière de changement climatique afin de les diffuser via une plateforme triple C et de proposer les solutions les plus variées possibles : https://triplecplatform.com/.

Des solutions adaptées aux problématiques

Elle permet de rechercher les solutions d’adaptation via de multiples entrées/critères tels que le type d’impact, le risque climatique, la zone d’étude, le type de projet, le domaine d’action, le type d’innovation.